3ème dimanche de Carême
Frères et sœurs, dans la première lecture d’aujourd’hui, sur le mont Horeb Dieu a dévoilé son nom à Moïse : « Je suis ». Et c'est ainsi que Dieu se fait connaître régulièrement en tenant compte de nos limites et de nos perceptions. Dès le début, même sous la rigueur de la Loi juive, Dieu se révèle à Moïse comme le miséricordieux. Cela exprime à travers le psaume 102 que Dieu est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. Le monde a besoin de tendresse. C'est dans notre nature humaine faite à l’image de Dieu.
Tout au long de l'histoire, Dieu manifeste donc sa tendresse envers l'humanité à tout moment de la vie et surtout dans l'épreuve et la peine. Au temps de Jésus, les juifs attendaient que prenne fin leur peine causée par l’oppression de l’envahisseur romain et que commence leur domination. Certains espéraient qu’un sauveur tout-puissant prendrait les choses en mains, qu’il viendrait les libérer pour ensuite récompenser les bons et punir les méchants. Jésus rejette cette image trop humaine de Dieu. Jésus n’accuse pas les constructeurs de la tour de Siloé, il ne conclut pas que les victimes étaient coupables d'un péché quelconque, pas plus que ceux qui ont été massacrés par les soldats de Pilate pendant leur prière. Jésus propose simplement un chemin de tendresse et de fragilité. Le chemin qui mène à son Père est l’amour et il nous invite à faire confiance à Dieu, en dépit de nos faiblesses et de nos manques d'amour. Dans la parabole du figuier, Jésus nous enseigne la patience et la miséricorde de Dieu. «Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous». Voilà une déclaration qui interpelle. Jésus nous réveille à l'urgence d'agir avec droiture, de veiller, et de garder confiance. La véritable attente est un acte qui transfigure les êtres puisque la confiance est comme cette bonne sève qui fait refleurir la vie, comme une pousse printanière qui revient après l’hiver. Elle s’épanouit par le beau temps et les intempéries de la vie, même si le passé et l’actualité semblent contredire l’espérance.
Le monde est sans pitié pour les faibles, exploité pour les plus forts. Cela n'est pas nouveau, toutes les générations ont connu les difficultés de la vie en société. Nous vivons trop souvent loin de l'amour fraternel de l'Évangile, pourtant Jésus se tient sur le seuil de toute demeure humaine. Il est là, il attend que nous venions à lui, que nous sortions de notre enfermement. Il nous invite à porter du fruit comme sortent les pousses du figuier rendu à sa fécondité. Jésus est toujours présent. C’est une présence quotidienne irrésistible comme la croissance silencieuse des feuilles. À l’heure de la sècheresse où la vie semble s’être absentée, Dieu est là. À l’heure où craquent les bourgeons, Dieu est là. Quand le mauvais temps attaque les pousses tendres et fragiles, Dieu nous encourage à travailler la terre, à bêcher, à arroser, à entretenir la terre où s’enracine le figuier de notre vie.
Jésus nous a démontré que la tendresse et d’amour pour l’humanité exige d’y mettre du prix. Nous sommes libres. C’est à nous de faire des choix de vie.